Résumé des principales disposition de la loi des finances 2026

Travail établi par le cabinet myadvisor en se familiarisant avec la présentation de monsieur Mohamed Triki : Cabinet Infirst.

Fiscalité tunisienne • Loi de finances 2026

La loi des finances 2026

Loi n° 2025-17 du 12 décembre 2025, portant loi de finances pour l’année 2026.
Présentée par : Mohamed CHAKROUN – MYADVISOR, Expert-comptable et enseignant universitaire
Le présent article reprend une sélection des principales dispositions de la loi de finances pour l’année 2026 en conservant la terminologie, les taux, les seuils, les dates et les conditions figurant dans le support MYADVISOR consacré à la loi n° 2025-17 du 12 décembre 2025.

01. Impôt direct

Article 20

Institution d’une contribution non conjoncturelle

Est instituée une contribution due par (i) les banques et les établissements financiers résidents, y compris les établissements de paiement, (ii) les entreprises d’assurance et de réassurance, les entreprises d’assurance et de réassurance takaful ainsi que pour le fonds des adhérents prévus au code des assurances, (iii) les opérateurs de réseaux des télécommunications et (iv) les concessionnaires automobiles, et ce, à partir du 1er janvier 2026.

Ladite contribution est fixée à 4% des bénéfices servant de base pour le calcul de l’IS dont le délai de déclaration intervient à partir de l’année 2026 avec un minimum de 10 000 dinars.

Ladite contribution est payée dans les mêmes délais et selon les mêmes modalités impartis pour le paiement de l’IS. Ladite contribution n’est pas déductible de l’assiette de l’IS.

Le contrôle de cette contribution, la constatation des infractions et le contentieux y afférents s’effectuent comme en matière d’impôt sur les sociétés.

Commentaire

La contribution s’applique sur les bénéfices de l’exercice 2025 à déclarer en 2026 et sur les exercices ultérieurs.

Les banques et les établissements financiers non-résidents exerçant dans le cadre du code de prestation des services financiers aux non-résidents ne sont pas concernés par ladite contribution.

La contribution constituant un complément d’impôt sur les bénéfices doit être présentée dans l’état de résultat dans la rubrique « Impôt sur les bénéfices » au même titre que l’IS et la CSS.

Article 56

Allégement progressif de la charge fiscale sur les pensions de retraite

Les pensions et rentes viagères bénéficient pour leur imposition d’un abattement de 25% de leur montant brut. La loi de finances 2026 a relevé le taux de déduction à :

  • 30 % à compter du 1er janvier 2027 ;
  • 40 % à compter du 1er janvier 2028 ;
  • 50 % à compter du 1er janvier 2029.
Article 87

Poursuite de l’application des mesures exceptionnelles de la contribution sociale de solidarité

La contribution sociale de solidarité est égale à :

  • Pour les personnes physiques, la CSS est égale à 0,5% du revenu imposable. La contribution ne s’applique pas aux personnes physiques qui réalisent exclusivement les revenus de traitement et salaires et de pensions et rentes viagères dont le revenu annuel net ne dépasse pas 5000 dinars après déduction des abattements au titre de la situation et charges de famille uniquement.
  • Pour les sociétés, les entreprises et les fonds soumis à l’IS au taux de 35% ou 40%, la CSS est égale à 4% du bénéfice imposable, avec un minimum de 500 dinars.
  • Pour les sociétés et les entreprises soumises à l’IS au taux de 20%, la CSS est égale à 3% du bénéfice imposable, avec un minimum égal à 400 dinars.
  • Pour les sociétés et les entreprises soumises à l’IS au taux de 10%, la CSS est égale à 3% du bénéfice imposable, avec un minimum égal à 200 dinars.
  • Pour les sociétés et les entreprises qui sont totalement exonérées de l’IS conformément à la législation en vigueur ou celles qui bénéficient de la déduction totale de leurs bénéfices provenant de l’exploitation : 400 dinars.

Lesdites dispositions s’appliquent aux bénéfices et revenus servant de base pour le calcul de l’IS ou de l’IRPP dont le délai de déclaration intervient au cours des années 2023 à 2026 (soit les exercices comptables 2022 à 2025).

Commentaire

Historiquement l’administration fiscale a dérogé à l’application stricte des mesures exceptionnelles pour les personnes physiques en apportant une distinction pour les salariés et les pensionnés.

Dans la mesure où l’administration ne change pas sa doctrine adoptée dans la note commune n° 1/2023, la réduction s’applique comme suit :

  • pour les personnes physiques autres que les salariés et les pensionnés : aux revenus dont le délai de déclaration intervient au cours des années 2023 à 2026 ;
  • pour les salariés et les pensionnés : aux salaires et pensions payés à partir du premier janvier 2023 jusqu’à la fin de l’année 2026.

Ainsi, les employeurs seront tenus d’appliquer une retenue à la source pour la CSS au taux de 0,5% au titre des salaires servis en 2026. Toutefois, lors du dépôt de la déclaration annuelle d’impôt sur revenu au cours de l’année prochaine en 2027, la CSS sera liquidée au taux standard de 1% engendrant un complément à payer pour les salariés ou les retraités.

Attendant la position officielle de l’administration fiscale.

Article 88

Élargissement du champ d’application de l’impôt sur la fortune pour couvrir les biens meubles et augmentation du taux d’imposition

Est exigible au 1er janvier de chaque année sur le patrimoine de chaque personne physique y compris le patrimoine de ses enfants mineurs sous sa tutelle, y compris les immeubles et les biens meubles, un impôt intitulé « impôt sur la fortune » calculé comme suit :

Patrimoine Taux de l’impôt sur la fortune
Valeur comprise entre 3 et 5 millions de dinars 0,5 %
Valeur supérieure à 5 millions de dinars 1 %

Prenons l’exemple d’une personne ayant un patrimoine d’une valeur de 5,1 millions de dinars au 1er janvier 2026, il sera redevable d’un impôt sur la fortune (1%) soit 51 000 dinars. Par contre, un patrimoine égal à 5 millions de dinars est soumis impôt sur la fortune (0,5%) de 25 000 dinars.

Sous réserve des conventions de non double imposition conclues avec les autres pays le cas échéant, l’impôt sur la fortune s’applique aux :

  • immeubles et biens meubles situés en Tunisie quel que soit le lieu de résidence du redevable ;
  • immeubles et biens meubles situés en Tunisie ou à l’étranger dans le cas où le redevable est résident en Tunisie au sens de la législation fiscale en vigueur.

L’impôt sur la fortune est dû sur la valeur des immeubles, des fonds de commerce et des biens meubles de toute nature, à l’exception du patrimoine mentionné ci-après :

  • L’habitation principale du redevable, y compris le mobilier utilisé y relatif ;
  • Les immeubles et les biens meubles destinés à l’exploitation professionnelle et les fonds de commerce effectivement exploités ;
  • Les véhicules non utilitaires d’une puissance fiscale de 12 chevaux ou moins ;
  • Les fonds déposés dans les banques, les établissements financiers ou la Poste tunisienne.

Le patrimoine couvre notamment les immeubles bâtis ou non bâtis, acquis ou provenant d’un héritage dans l’indivision ou d’une donation, ainsi que la nue-propriété ou l’usufruit et les immeubles donnés en location au profit d’autrui, quelle que soit leur vocation.

Pour les terrains agricoles, l’exonération de l’impôt sur la fortune est accordée en cas de déclaration d’un revenu agricole à ce titre (Note commune n° 15/2023). À défaut, les terrains agricoles, y compris les tracteurs et autres équipements, demeurent soumis à l’impôt sur la fortune.

Les biens meubles sont divisés en deux catégories : les meubles corporels et les meubles incorporels. Les premiers sont caractérisés par leur réalité matérielle, leur visibilité, et leur volume, par exemple les bateaux de plaisance et les voitures. Les seconds sont des droits, par exemple des titres (actions cotées ou non, parts sociales, obligations, SICAV, certificats de dépôt, bons de trésor, billets de trésorerie …), des contrats d’assurance vie ou des créances (compte courant associé …).

La valeur du patrimoine est déterminée sur la base de sa valeur après déduction des dettes supportées et prévues par le code des droits réels à l’exception des garanties réelles au profit des sociétés.

L’impôt sur la fortune est déclaré dans un délai maximum ne dépassant pas la fin du mois de juin de chaque année, et ce, sur la base d’une déclaration établie par l’administration. Ledit impôt peut être déclaré et payé par les moyens électroniques fiables.

Article 91

Adoption d’un régime d’imposition optionnel des personnes physiques forfaitaires réalisant des revenus de la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux

Rappel de la législation avant le 1er janvier 2026

L’impôt forfaitaire (activité BIC) est déterminé sur la base du chiffre d’affaires annuel comme suit :

  • 400 dinars par an pour les entreprises implantées dans les zones communales conformément aux limites territoriales des communes en vigueur avant le 1er janvier 2015, ce montant est réduit de 50% pour les entreprises implantées dans les autres zones, et ce, pour le chiffre d’affaires égal ou inférieur à 10 mille dinars.
  • 3% pour le chiffre d’affaires entre 10 mille dinars et 100 mille dinars.
Apport de la loi de finances 2026

Toutefois, les personnes concernées (BIC) dont le chiffre d’affaires annuel n’excède pas 100 000 dinars, non importatrices, n’exerçant pas l’activité de commerce de gros ou une activité de la catégorie des bénéfices des professions non commerciales ou de courtage et n’ayant pas été soumises à l’impôt sur le revenu selon le régime réel suite à une vérification fiscale, peuvent payer annuellement un impôt forfaitaire optionnel selon la catégorie retenue à partir du chiffre d’affaires déclaré spontanément ou ajusté, comme suit :

  • 4 000 dinars pour la première catégorie, dont le chiffre d’affaires est inférieur ou égal à 50 000 dinars ;
  • 5 000 dinars pour la deuxième catégorie, dont le chiffre d’affaires est compris entre 50 001 et 100 000 dinars.

Le montant est réduit de 50% pour les personnes exerçant une activité dans les zones rurales et les villages.

L’impôt est libératoire dans la limite des chiffres d’affaires déclarés spontanément avec l’adoption d’un bénéfice net forfaitaire n’excédant pas 25 % du chiffre d’affaires déclaré spontanément.

Les contribuables qui optent pour le régime d’imposition forfaitaire optionnel de l’IR sont exemptés de contrôle fiscal pendant 6 ans.

Cette exemption n’exclut pas les opérations de contrôle et de redressement conformément à la législation en vigueur, sur la base des données fiables disponibles pour l’administration fiscale concernant un accroissement injustifié du patrimoine ou la réalisation d’activités liées à des opérations d’importation, de commerce de gros, des activités de la catégorie des bénéfices des professions non commerciales ou de courtage.

Le régime forfaitaire optionnel est reconduit automatiquement pour les contribuables qui choisissent d’y adhérer, indépendamment de toute disposition contraire. Il n’est pas permis de renoncer au régime forfaitaire optionnel sauf en cas demande d’adhésion au régime réel ou en cas de retrait par l’administration fiscale en cas de non respect de l’une des conditions d’éligibilité.

Le régime forfaitaire optionnel couvre également les activités suivantes reclassées au régime réel :

  • Cafés de toute catégorie, à l’exclusion des salons de thé et des bars ;
  • Mécanique générale ;
  • Tôlerie et peinture automobiles ;
  • Électricités automobiles ;
  • Vente de viandes rouges et dérivés ;
  • Vente de pâtisserie et de glace, à l’exception des établissements situés dans les grandes surfaces commerciales et des centres commerciaux importants dans les grandes villes.

Les échéances pour le dépôt de la déclaration annuelle de l’impôt forfaitaire optionnel sont fixées en deux tranches égales ; la première avant le 25 avril et la deuxième avant le 25 octobre.

02. Avantages fiscaux et financiers

Article 13

Encouragement du recrutement des diplômés de l’enseignement supérieur dans le secteur privé

L’Etat prend en charge la contribution patronale au régime légal de sécurité sociale (16,07%) au titre des salaires servis aux salariés diplômés de l’enseignement supérieur recrutés par les entreprises du secteur privé à partir du 1er janvier 2026 comme suit :

Période Prise en charge
La première année100%
La deuxième année80%
La troisième année60%
La quatrième année40%
La cinquième année20%

A payer 9,18% + ATMP + 1% patronale.

Commentaire

En outre, la mesure ne vise pas les primo-demandeurs d’emploi et n’a pas été limitée aux salariés de nationalité tunisienne. En plus, l’avantage concerne tous les secteurs d’activité.

Les interrogations liées à l’application de cette mesure sont multiples :

  • Statut du personnel recruté après l’expiration d’un contrat antérieur d’initiation à la vie professionnelle (CIVP).
  • Éligibilité des salariés transférés entre sociétés appartenant au même groupe.
  • L’octroi de l’avantage aux salariés ayant déjà bénéficié d’un régime similaire (Extension CIVP, PARDES, Secteurs prioritaires ou ZDR).

La mesure concerne uniquement la charge patronale de 16,07%, ce qui exclut les majorations de 0,5% instauré par l’article 58 de la loi de finances 1975 et de 0,5% instauré par l’article 17 de la loi de finances 2025 ainsi que l’accident de travail.

Article 28

Prise en charge par l’État de la différence entre le taux appliqué aux crédits d’investissement et le taux moyen du marché monétaire au profit des petites et moyennes entreprises

L’État prend en charge la différence entre le taux appliqué aux crédits et financements d’investissement et le taux moyen du marché monétaire (TMM) dans la limite de trois (3) points, et ce, pour les crédits et les financements octroyés par les banques et les établissements financiers (leasing) au profit des petites et moyennes entreprises dans le secteur agricole et les autres secteurs productifs à l’exception du secteur du commerce, du secteur financier, du secteur de la promotion immobilière privé et du secteur des hydrocarbures et des mines, et sans que la marge appliquée par les banques et les établissements financiers dépasse le taux de 3,5%.

Cette mesure est appliquée aux crédits et aux financements d’investissement octroyés à partir du 1er janvier 2026 jusqu’à fin décembre 2027.

Les conditions et les procédures du bénéfice de cet avantage sont fixées par décret.

Article 45

Extension du champ d’intervention du Fonds de transition énergétique

Le Fonds de transition énergétique prend en charge la différence entre le taux appliqué aux crédits et financements d’investissement et le taux moyen du marché monétaire (TMM) dans la limite de trois (3) points, sans que la marge appliquée par les banques et les établissements financiers (leasing) dépasse le taux de 3,5%, et ce, durant la période allant du 1er janvier 2026 au 31 décembre 2028 au titre des :

  • Crédits et financements accordés par les banques et les établissements financiers en faveur des investissements dans le domaine de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables ;
  • Crédits et financements accordés par la Banque Tunisienne de Solidarité (BTS) et destinés à l’acquisition de voitures électriques par les propriétaires de taxis et les centres de formation dans le domaine de la conduite des véhicules (Auto-écoles).
Article 55

Octroi d’un avantage fiscal lors de l’importation ou de l’acquisition sur le marché local d’une voiture d’occasion ou neuve au profit de la famille résidente

Est octroyé un avantage fiscal une seule fois lors de l’importation ou de l’acquisition sur le marché local d’une voiture d’occasion ou neuve au profit des familles tunisiennes résidentes.

Le droit de consommation dû sur les véhicules importés, équipés d’un moteur thermique diesel d’une cylindrée n’excédant pas 1 900 cm³ ou d’un moteur thermique essence d’une cylindrée n’excédant pas 1 600 cm³, est fixé à 10% et la TVA au taux de 7 %.

Les voitures électriques et hybrides, ainsi que les voitures fabriquées et assemblées localement, sont exonérées du droit de consommation (et le taux de la TVA est de 7%).

  • L’âge de la voiture ne doit pas dépasser 8 ans au moment de son acquisition.
  • Cet avantage n’est pas accordé aux propriétaires de voitures âgées de moins de 8 ans.
  • Le revenu net (mensuel) d’une personne physique ne doit pas dépasser 10 fois le SMIG (5 283 DT) ou 14 fois le SMIG (7 396 DT) pour les couples.
  • La voiture acquise ne peut être cédée qu’après une durée de 5 ans.
Article 83

Révision des avantages fiscaux accordés aux Tunisiens résidents à l’étranger dans le cadre de réalisation ou de participation dans des projets

Les Tunisiens résidents à l’étranger bénéficient d’un avantage fiscal au titre de l’importation ou l’acquisition d’équipements, matériels, et un seul camion, pour la réalisation de projets ou l’extension ou la participation dans des projets dans le cadre de la législation en vigueur relative à l’incitation aux investissements, et ce, comme suit :

  • L’exonération du paiement des droits et taxes dus à l’importation et la suspension de la TVA, du droit de consommation et des taxes dues sur le CA, le cas échéant, lors de l’acquisition sur le marché local d’équipements et du matériel ;
  • Le paiement de 10% du montant des droits et taxes dus sur le camion.

Les avantages fiscaux susmentionnés sont octroyés à tout Tunisien résident à l’étranger une seule fois chaque 5 ans à l’exception du camion (au lieu de « non renouvelable »).

Ne sont pas admis au régime privilégié, le camion et le matériel roulant et dont l’âge dépasse à la date de l’importation 5 ans à compter de la date de la première mise en circulation, à l’exception des tracteurs agricoles dont l’âge dépasse à la date de l’importation 10 ans à compter de la date de la première mise en circulation (nouveauté).

Les conditions et les modalités de l’octroi des avantages fiscaux susmentionnés sont fixées par décret.

03. Droit d’enregistrement et de timbre

Article 20

Institution d’un droit de timbre de 20 dinars

Institution d’un droit de timbre de 20 dinars par cahier des charges non soumis à un droit de timbre fiscal spécial.

Recharge du téléphone portable

Institution d’un droit complémentaire de 100 millimes au titre de chaque opération de recharge du téléphone portable d’un montant supérieur ou égal à 5 dinars.

Factures délivrées par les grandes surfaces commerciales

Relèvement du montant du droit de timbre sur les factures délivrées par les grandes surfaces commerciales à 1,5 dinar pour les factures dont le montant est compris entre 50 dinars et 100 dinars et à 2 dinars pour les factures dont le montant est supérieur à 100 dinars.

Article 30

Exonération des droits d’enregistrement pour les contrats de prêt accordés aux petits agriculteurs et aux petits pêcheurs

Sont exonérés des droits d’enregistrement, les contrats de prêt accordés aux petits agriculteurs et aux petits pêcheurs conclus à compter du 1er janvier 2026.

En outre, le droit fixe de 1 dinar par page pour les contrats de prêts accordés aux agriculteurs et aux pêcheurs a été abrogé.

Commentaire La notion de petits agriculteurs et aux petits pêcheurs n’a pas été défini par la législation en vigueur.
Article 48

Révision d’assiette de calcul du droit en contrepartie de la prestation de service de la formalité de l’enregistrement

Apport de la loi de finances 2026 Le droit en contrepartie de la prestation de service de la formalité de l’enregistrement est dû au taux de 3% de la valeur déclarée dans l’acte ou l’écrit, avec un minimum de perception égal au droit fixe de 30 dinars par page.

04. TVA et autres droits et taxes

Article 20

Entreprises de location de voitures

Prélèvement d’un montant de deux dinars du prix journalier de location de voiture, pour chaque voiture, par les entreprises de location de voitures.

Question Est-ce que prélèvement de 2 dinars / jour / voiture doit être supporté par les entreprises de location de voitures au niveau des charges d’exploitation (déductible fiscalement) ? ou bien inscrit dans la facture de vente (inclus ou pas dans l’assiette de la TVA et régime de retenue à la source) ?
Article 29

Appui au conditionnement de l’huile d’olive

  • Les intrants nécessaires au conditionnement de l’huile d’olive produite localement bénéficient de l’exonération des droits de douane et de la suspension de la TVA.
  • L’avantage est octroyé pour les acquisitions locales sur la base d’une attestation de suspension de la TVA délivrée à cet effet par le service fiscal compétent.
  • Pour bénéficier de cet avantage, le bénéficiaire doit obtenir un programme annuel visé par les services compétents du ministère de l’Industrie.
Article 44

Allégement du coût des projets publics financés par des crédits extérieurs alloués

Bénéficient de la suspension de la TVA les biens, marchandises, travaux et prestations livrés ou financés à titre de don, à l’État, aux collectivités locales, aux entreprises et établissements publics et aux groupements de maintenance et de gestion dans les zones industrielles (GMG) pour les projets classés d’intérêt public par décret, dans le cadre de la coopération internationale et ce, dans la limite du montant du don.

Bénéficient également de la suspension de la TVA les biens, marchandises, travaux et prestations livrés ou financés par des crédits extérieurs alloués au profit de l’État, des collectivités locales, des entreprises et établissements publics et des groupements de maintenance et de gestion GMG dans les zones industrielles pour les projets classés d’intérêt public par décret, dans le cadre de la coopération internationale et ce, dans la limite du montant du crédit alloué à cet effet.

Article 47

Allégement de la fiscalité des véhicules automobiles hybrides rechargeables et des équipements de rechange des voitures et rationalisation de la fiscalité des véhicules hybrides simples

La loi de finances 2026 a aligné la fiscalité des véhicules automobiles hybrides rechargeables (pouvant être chargés en se branchant à une source externe d’alimentation électrique) avec celle des voitures électriques : exonération des droits de douane et des droits de consommation et application de TVA réduite de 7%.

Les présentes dispositions couvrent :

  • Voitures de tourisme et autres véhicules automobiles principalement conçus pour le transport de personnes y compris les voitures du type « break » et les voitures de course ;
  • Véhicules multi-usages, pouvant être utilisés pour le transport de personnes et le transport de marchandises ;
  • Véhicules automobiles pour le transport de marchandises ;
  • Véhicules automobiles pour le transport de dix personnes ou plus, chauffeur inclus.

La loi de finances 2026 a également prévu ce qui suit :

  • Réduction des droits de douane à 10% et la TVA à 7% dus sur les équipements de recharge des véhicules automobiles électriques, et ce, jusqu’au 31 décembre 2028.
  • Les taxes relatives à l’immatriculation des véhicules sont réduites à 50% pour les véhicules hybrides rechargeables.
  • L’avantage de réduction de 50% des droits de consommation accordée aux véhicules automobiles équipés d’un moteur hybride a été limité aux véhicules comportant un moteur thermique essence d’une cylindrée inférieure ou égale à 1700 cm³ ou un moteur thermique diesel d’une cylindrée inférieure ou égale à 2100 cm³. Bien évidemment, les véhicules automobiles hybrides rechargeables bénéficient de l’exonération totale des droits de consommation.
Article 62

Suppression des avantages à l’importation des panneaux solaires en matière de TVA

Le taux de la TVA des panneaux solaires importés est relevé de 7% à 19% (Avec DD 30% LF 2024). Par contre, les panneaux solaires fabriqués localement demeurent soumis à la TVA au taux de 7%.

05. Facture électronique

Article 53

Élargissement du champ d’application de la facture électronique

§ 1. Rappel de la législation en vigueur

La facturation électronique est obligatoirement utilisée par les entreprises qui relèvent de la Direction des Grandes Entreprises (DGE) pour les opérations effectuées avec l’État, les collectivités locales et les établissements et les entreprises publics.

L’émission des factures électroniques est également obligatoire pour les ventes des médicaments et des hydrocarbures entre les professionnels à l’exception des commerçants détaillants.

Les personnes qui émettent des factures électroniques peuvent continuer à émettre des factures ordinaires au titre des autres opérations qu’elles effectuent.

Les personnes assujetties à la TVA, qui émettent des factures électroniques, sont tenues de déposer une déclaration à cet effet auprès de l’administration fiscale accompagnée d’une attestation délivrée par Tunisie Trade Net (TTN).

§ 2. Rappel de la loi de finances 2025

Est punie d’une amende de 100 dinars à 500 dinars par facture, toute personne qui établit des factures papiers au titre des opérations soumises obligatoirement au régime de la facture électronique, sans que le montant de l’amende exigible excède 50 000 dinars au titre de l’ensemble des factures constatées.

Est punie d’une amende de 250 dinars à 10 000 dinars toute personne qui établit des factures papier au titre des opérations concernées par l’obligation de la facture électronique. Cette amende s’applique par infraction constatée, et ce, indépendamment du nombre de factures objet de l’infraction.

Est punie d’une amende égale à 20% de la valeur des marchandises transportées toute personne qui transporte des marchandises non accompagnées des copies des factures électroniques, pour les opérations concernées par l’obligation de la facture électronique, ou des documents en tenant lieu (bon de livraison ou bon de sortie), avec un minimum de 500 dinars.

Les présentes dispositions sont applicables à partir du 1er juillet 2025.

Apport de la LF 2026

L’obligation d’émission des factures électroniques est étendue aux opérations de prestations de services, à ce à partir du 1er janvier 2026.

Commentaire

L’obligation a été instaurée aveuglement pour tous les natures de prestations de services, y compris les professions libérales, quel que soit le montant facturé, la taille de l’entreprise et son régime fiscal.

Les prestations de services couvrent notamment les activités des opérateurs de télécommunication, les entreprises d’assurance, l’hôtellerie, le transport, les petits métiers …

L’obligation couvre les entreprises individuelles (personnes physiques) et les sociétés, le chiffre d’affaires local et à l’exportation.

Même les forfaitaires BIC sont concernés par la facturation électronique au titre des prestations de services dont la valeur dépasse 500 dinars.

L’obligation de la facturation électronique s’étend aux opérations de vente de biens comportant des services annexes tels que le transport, l’installation et la réparation.

L’obligation de la facture électronique s’applique à partir du 1er janvier 2026.

Question Selon l’article 18, II bis du Code de la TVA, les personnes qui réalisent des revenus dans la catégorie des bénéfices des professions non commerciales sont tenues d’émettre des notes d’honoraires au titre des services qu’elles réalisent. Un expert comptable émettant des notes d’honoraires au titre ses prestations de services, est-il concerné par la facture électronique ?

06. Amnistie et régularisation fiscale

Article 69

Mesures pour faciliter la régularisation de la situation des contribuables relative aux créances fiscales

I- Régularisation des créances fiscales

Sont abandonnés, les pénalités de contrôle, les pénalités de recouvrement et les frais de poursuite relatifs aux créances fiscales constatées revenant à l’État, à condition de payer les montants exigibles en une seule fois ou de souscrire un calendrier de paiement et de payer la totalité de la 1ère tranche dans un délai maximum ne dépassant pas le 30 juin 2026 et ce pour :

  • les créances fiscales constatées dans les écritures des receveurs des finances avant le 1er janvier 2026 ;
  • les créances fiscales constatées dans les écritures des receveurs des finances après le 1er janvier 2026 suite à une vérification fiscale dont les résultats sont notifiés et ayant fait l’objet d’un acquiescement conclu avant le 20 juin 2026 ou ayant fait l’objet d’une notification d’arrêtés de taxation d’office avant la même date, à condition que les opérations de conciliation et de taxation susvisées concernent des déclarations échu avant le 31 octobre 2025 ;
  • les créances fiscales exigibles en vertu de jugements prononcés en matière de contentieux de l’assiette de l’impôt et constatées avant le 20 juin 2026.

Cette mesure s’applique, à la taxe sur les établissements à caractère industriel, commercial ou professionnel, à la taxe hôtelière et au droit de licence selon les mêmes conditions précitées.

Sont exclues de cette mesure, les créances fiscales qui bénéficient encore d’un calendrier de paiement conformément aux procédures de régularisation antérieures.

Sont abandonnés, 50% du montant restant des amendes relatives aux infractions fiscales administratives constatées dans les écritures des receveurs des finances avant le 20 juin 2026 ainsi que les frais de poursuite y afférents, à condition de payer les montants exigibles en une seule fois ou de souscrire un calendrier de paiement et de payer la totalité de la première tranche dans un délai maximum ne dépassant pas le 30 juin 2026.

Le calendrier de paiement est fixé par un arrêté du ministre chargé des finances selon la qualité du débiteur, le montant restant dû, les délais limites et le nombre des tranches trimestrielles de paiement. La durée maximale du calendrier de paiement fixée à cinq ans.

Est applicable pour chaque tranche non payée dans le délai fixé par les calendriers souscrits, une pénalité de retard au taux de 1,25% par mois ou fraction de mois, calculée à partir de l’expiration de ce délai.

L’avantage est déchu après un délai de 120 jours à partir de l’expiration du délai de paiement de la dernière tranche fixé par le calendrier de paiement du débiteur. Les montants non payés restent exigibles en principal, pénalités et frais de poursuite.

II- Régularisation des déclarations fiscales non déposées et dépôt de déclarations fiscales rectificatives

Sont abandonnées, les pénalités exigibles en vertu des dispositions des articles 81,82 et 85 du Code des droits et procédures fiscaux et ce pour les déclarations fiscales, y compris les actes, écrits et déclarations relatifs aux droits d’enregistrement, échus avant le 31 octobre 2025, déposés à partir du 1er janvier 2026 jusqu’au 30 septembre 2026 à condition de payer le principal de l’impôt exigible, selon le cas, lors du dépôt de la déclaration ou lors de l’accomplissement de la formalité de l’enregistrement.

Cette mesure s’applique aux déclarations en défaut ainsi qu’aux déclarations rectificatives même déposées après l’intervention des services fiscaux ou après la notification des résultats d’une vérification fiscale.

Commentaire

La pénalité de 1% prévue par l’article 85 du code des droits et procédures fiscaux est classée parmi les amendes fiscales administratives.

Cette disposition est plus favorable que celle portant sur l’abandon de 50% des pénalités relatives aux infractions fiscales administratives.

Les déclarations mensuelles du mois d’octobre 2025 et des mois suivants et la déclaration annuelle d’impôt sur le revenu des salariés et des pensionnés de l’année 2024, n’exerçant pas une activité professionnelle BIC ou BNC, (échéance le 5 décembre 2025), ne sont pas concernées par lesdites dispositions.

Le bénéfice de cette amnistie nécessite le paiement au comptant des droits et taxes dus en principal.

07. Facilitation de l’accès des PME et startups aux sources de financement

Article 85

Poursuite des mesures de facilitation de l’accès des petites et moyennes entreprises des startups aux sources de financement

Extension de la validité de la ligne de financement dédiée à l’octroi de crédits à moyen et long terme au profit des petites et moyennes entreprises, y compris les startups et les entreprises exerçant dans le secteur de l’agriculture et de la pêche, pour financer leurs investissements à des conditions préférentielles, et ce jusqu’au 31 décembre 2026.

Extension de la validité de la ligne de financement au profit des petites et moyennes entreprises, y compris les startups et les entreprises exerçant dans le secteur de l’agriculture et de la pêche pour financer les besoins de gestion et d’exploitation à des conditions préférentielles, et ce jusqu’au 31 décembre 2026.

Poursuite des mesures d’encouragement à la création des startups

Extension de la validité de la ligne de financement pour l’octroi des prêts participatifs sans intérêt au profit des promoteurs des startups, en accordant la priorité aux titulaires d’un doctorat chômeurs, dédiée exclusivement à renforcer les fonds propres de ces entreprises, et ce jusqu’au 31 décembre 2026.

08. Comptes bancaires en devises

Article 98

Autorisation d’ouverture de comptes bancaires en devises par les personnes résidentes en Tunisie

Conditions d’ouverture de compte en devises

Les personnes physiques résidentes de nationalité tunisienne peuvent ouvrir des comptes en devises auprès d’intermédiaires agréés.

L’ouverture de ces comptes n’est pas soumise aux conditions prévues par le Code des changes et les modalités de fonctionnement de ces comptes en devises convertibles ne sont pas soumises à l’accord préalable de la Banque centrale de Tunisie.

Opérations au crédit

Ces comptes peuvent être alimentés en devises convertibles sans autorisation préalable par :

  • les fonds provenant d’un autre compte en devises ou en dinars convertibles ;
  • les intérêts perçus des fonds déposés sur le compte, à condition que ces fonds soient employés par l’intermédiaire agréé à un taux limité selon les conditions fixées par la Banque centrale de Tunisie ;
  • les montants provenant de l’allocation de voyage touristique annuelle.

Opérations au débit

Les comptes en devises convertibles peuvent être débités sans autorisation préalable pour :

  • chaque opération de paiement à l’étranger ;
  • fournir des devises étrangères au titulaire du compte pour ses voyages à l’étranger ;
  • créditer un autre compte en devises.

À noter que ce compte ne peut en aucun cas être débiteur.

Imposition : Les intérêts perçus sur les fonds déposés sur ce compte sont soumis à un impôt égal à 0,01%.

Commentaire

La réglementation fiscale exonérée de l’impôt sur le revenu et de l’impôt sur les sociétés les intérêts des dépôts et des titres en devises et en dinars convertibles.

La nouvelle réglementation présente plusieurs zones lacunaires, notamment :

  • La relation avec les dispositions du compte PPR ;
  • La possibilité d’alimenter le compte par les sources de revenus servis par les sociétés non résidentes établies en Tunisie (salaires, loyers, prestations de services, dons …) ;
  • L’application des dispositifs prudentiels en matière de blanchiment d’argent (déclaration de soupçon, CTAF …).

09. Entrée en vigueur

Sous réserve des dispositions contraires prévues par la présente loi, les dispositions de la présente loi s’applique à compter du 1er janvier 2026, à l’exception des dispositions prévues par les articles suivants :

  • Article 56 : Allégement progressif de la charge fiscale sur les pensions de retraite ;
  • Article 60 : Alignement de la fiscalité en matière de taxe pour la protection de l’environnement de certains produits fabriqués localement avec leurs similaires importés ;
  • Article 61 : Création d’un Fonds d’incitation à l’investissement dans le secteur cinématographique et de l’audiovisuel ;
  • Article 62 : Suppression des avantages à l’importation des panneaux solaires en matière de TVA.
Commentaire du support Le fait de ne pas prévoir une date d’entrée en vigueur des articles précités, lesdites dispositions y relatives demeurent suspendues et non applicables.
Source :
Loi n° 2025-17 du 12 décembre 2025, portant loi de finances pour l’année 2026.
Support MYADVISOR – Présenté par Mohamed CHAKROUN, Expert-comptable et enseignant universitaire.

Les rubriques intitulées « Commentaire » ou « Question » sont présentées distinctement des dispositions de la loi afin de préserver la distinction entre le texte fiscal, les rappels de législation et l’analyse figurant dans le support.
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